chef d oeuvre compagnon tailleur de pierre

Lescaves de la Mignonne se refont une beauté grâce à des compagnons tailleurs de pierre. Publié le 05/08/2016 LaurentBastard est l'auteur de Travail et Honneur : Les compagnons passants tailleurs de pierre en Avignon aux XVIII e et XIX e siècles (La Nef de Salomon, 1996), de Compagnons au fil de la Loire (Jean-Cyrille Godefroy, 2000) et de Chefs-d'oeuvre de Compagnons (De Borée, 2008). Il a souhaité par ce livre faire partager la lecture d'une quinzaine d'estampes Lareconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris risque d’être confrontée « à un manque de main-d’œuvre en France en tailleurs Quece soit pour les constructions neuves ou la réhabilitation du patrimoine ancien, le tailleur de pierre qualifié est recherché. Il peut évoluer vers des fonctions de chef d'équipe, de chef de chantier, de conducteur de travaux ou de chef d'entreprise. Il peut également travailler comme technicien dans un bureau d'études ou devenir Spécialiséedans le domaine du Gros Oeuvre - Génie civil, votre agence Randstad vous propose de valoriser votre savoir faire et de développer vos compétences dans les métiers de la construction, de la rénovation et de la réalisation d'ouvrages d'art. Nous recherchons un Maçon traditionnel ou tailleur de pierre (F/H) pour le compte de notre client, l'entreprise GIRARD SARL basée sur Site De Rencontre En Ligne Gratuit Et Sans Inscription. 1Parler de compagnonnage évoque immédiatement la notion de transmission des savoirs. C’est au demeurant sous l’intitulé descriptif et explicite de Le compagnonnage, réseau de transmission des savoirs et des identités par le métier » qu’en 2010 l’Unesco l’a inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. 1 La recherche sur les compagnonnages français souffre d’un déficit d’études sérieuses, même si depu ... 2 Sur les confusions et interférences entre franc-maçonnerie et compagnonnage, voir Mathonière ... 3 Sur la question de la transmission dans les compagnonnages, voir Mathonière, La transmissi ... 2Mais il est difficile de définir précisément ce en quoi consiste, au travers des âges, le compagnonnage1. À l’image ambiguë de la transmission de maître à disciple de procédés et de tours de main plus ou moins secrets se superpose l’aura mystérieuse de rites initiatiques plongeant leurs racines dans la nuit des temps. Au-delà des clichés romantiques complaisamment colportés et de la confusion fréquente avec la franc-maçonnerie2, qu’en était-il vraiment, dans un passé pas si lointain, un passé d’avant les grilles de lecture anthropologiques qui, employées sans recul quant à la validité historique des sources, peuvent quelquefois nous entraîner à ériger des totems anachroniques ? Peut-on vraiment réduire le mouvement compagnonnique à une transmission de savoirs professionnels ? La transmission de rites et de croyances ne serait-elle pas bien plus déterminante de son identité3 ? 3Étudiant depuis plus de vingt ans le cas des compagnons tailleurs de pierre à partir de sources fiables, je vous propose d’en découvrir quelques aspects afin de disposer d’un matériau ne présumant pas de la réponse avant même d’avoir posé les questions. 4 C’est A. Perdiguier, premier historiographe des compagnons, qui, en publiant en 1841 son célèbre L ... 4Ce qu’il convient de retenir des avancées récentes sur l’histoire des compagnonnages j’insiste sur ce pluriel, c’est qu’en réalité, nombre d’usages que l’on croyait très anciens et communs à tous les métiers, par exemple la pratique du chef-d’œuvre de réception ou encore le tour de France, ne le sont pas nécessairement. On devrait éviter de parler du compagnonnage au singulier4. 5Ainsi, avant le milieu du xxe siècle, les tailleurs de pierre ne pratiquaient pas l’épreuve du chef-d’œuvre sous forme de modèle réduit d’un élément d’architecture afin d’être reçus compagnons. Et avant le début du xixe, le tour de France n’était pas chez eux une sorte de périple initiatique » où, au gré d’un certain nombre d’étapes, ils franchissaient des épreuves afin d’être in fine investis du titre de compagnon. En réalité, ce voyage, qui n’était pas un tour systématique de toute la France, durait alors le temps qu’ils jugeaient nécessaire ou qu’ils pouvaient y consacrer avant de revenir dans leurs foyers pour s’y marier et prendre la succession de l’entreprise familiale. La durée moyenne était généralement de quatre ans, et c’était un tour des grandes métropoles économiques régionales où leur société compagnonnique possédait des sièges, c’est-à-dire que le compagnonnage était avant tout un réseau de solidarité fraternelle auquel on adhérait avant même de partir sur les routes, ainsi qu’en attestent clairement les règlements du xviiie siècle. C’est seulement à partir du début du xixe que, par un phénomène d’uniformisation des pratiques compagnonniques, s’est instauré chez les tailleurs de pierre un véritable statut préliminaire d’aspirant, d’une durée de plus en plus longue, l’accès au titre de compagnon intervenant au terme de la réalisation d’une partie significative du tour de France. 6Oublions un instant ce que l’on croit déjà savoir sur le sujet et portons un regard neuf sur les faits et les documents eux-mêmes. 7La transmission des savoirs chez les compagnons tailleurs de pierre des xviiie et xixe siècles pourquoi cette limitation chronologique ? Pour la période antérieure, nous ne possédons pas suffisamment de ressources documentaires on peut penser que les compagnons sont les héritiers directs des bâtisseurs de cathédrales », mais pour ce qui concerne leur mode particulier d’organisation, nous n’en avons pas la preuve absolue. Pour la période retenue, nous avons la chance de disposer de ressources documentaires suffisantes. Par ailleurs, je n’ai pas souhaité englober la période contemporaine, car les pratiques ont trop évolué pour qu’il soit possible, en si peu d’espace, d’expliquer pourquoi et comment. On soulignera également que les discours sur la transmission, très tendance » à l’heure actuelle, contribuent à en modifier la nature réelle. Quel savoirs ? 8La première question est bien évidemment quels savoirs étaient-ils transmis ? 5 Découvert en 1996, ce fonds a été étudié par L. Bastard et moi-même et il a fait l’objet d’une pub ... 6 Voir chap. Le rôle », dans L. Bastard et Mathonière, Travail et honneur…, p. 38-50. 7 Voir chap. Le rôle atypique de 1782 », dans L. Bastard et Mathonière, Travail et honneur…,... 9Parmi les découvertes ayant le plus contribué à améliorer nos connaissances figurent les archives des compagnons passants tailleurs de pierre d’Avignon, archives qui couvrent de manière à peu près continue la période allant du début du xviiie siècle à 18705. Le document le plus remarquable est un rôle en date du 1er janvier 1782. Le rôle est tout à la fois un document administratif et un document sacré6 c’est pendant son dévoilement aux candidats que ceux-ci sont littéralement sacrés » compagnons. Le frontispice de celui de 17827 est d’une ampleur inégalée fig. 1 il nous présente notamment les savoirs cultivés dans cette société compagnonnique, ou du moins, ceux qui y sont à l’honneur. C’est à partir de ce rôle que nous explorerons ce sujet. Fig. 1. – Frontispice du rôle des compagnons passants tailleurs de pierre d’Avignon en date du 1er janvier 1782. Arch. dép. Vaucluse, 1J 647/4. Cliché Jean-Michel Mathonière Le métier de tailleur de pierre La taille de pierre 10Pour entrer dans les rangs de la confrérie, il convenait d’être déjà formé, ainsi que le stipule en 1778 l’article premier du règlement des compagnons passants tailleurs de pierre de Bordeaux 8 L. Bastard et Mathonière, Travail et honneur…, p. 61-66. Tout tailleur de pierre qui se présentera pour être reçu compagnon passant sera tenu de faire preuve […] de capacité suffisante dans le métier par une ou plusieurs pièces de traits et par le témoignage de compagnons qui cautionneront que l’aspirant est capable de travailler du marteau8. » 11Travailler du marteau, c’est savoir tailler la pierre grâce au marteau-taillant, l’outil principal en dehors du maillet et du ciseau fig. 2. Très concrètement, cela veut dire être capable de gagner sa vie en exerçant le métier. Car l’apprentissage n’appartient pas à l’association compagnonnique la formation initiale incombe aux familles qui placent les enfants en apprentissage ou l’effectuent elles-mêmes, de pères à fils ou d’oncles à neveux. Hier comme aujourd’hui encore, même si cela est moins perceptible, la voie du compagnonnage à proprement parler est celle du perfectionnement professionnel et non celle de l’apprentissage. Fig. 2. – Détail du frontispice du rôle des compagnons passants tailleurs de pierre d’Avignon en date du 1er janvier 1782. Arch. dép. Vaucluse, 1J 647/4. Cliché Jean-Michel Mathonière 12Faire preuve de capacité suffisante par une ou plusieurs pièces de traits » signifie que l’aspirant doit aussi démonter ses capacités conceptuelles, via le dessin pour la coupe des pierres, c’est-à-dire la géométrie appliquée à la taille des volumes. La stéréotomie 13Car le trait » ou stéréotomie est en réalité le savoir par excellence que cultivent les compagnons tailleurs de pierre. On le voit sobrement évoqué par un escalier et une niche sur le frontispice du rôle de 1782 fig. 3. Fig. 3. – Détail du frontispice du rôle des compagnons passants tailleurs de pierre d’Avignon en date du 1er janvier 1782. Arch. dép. Vaucluse, 1J 647/4. Cliché Jean-Michel Mathonière 14Pour rappel, c’est la maîtrise de cette science qui permettait aux architectes d’antan d’élaborer tous les types de voûtes nécessaires dans les bâtiments fig. 4. Fig. 4. – Exemple d’ouvrage de stéréotomie planche du Cours d’architecture qui comprend les ordres de Vignole par Augustin-Charles d’Aviler, Paris, 1691. Cliché Jean-Michel Mathonière 15La connaissance de base est non seulement le dessin, mais aussi et avant tout la géométrie, ainsi que l’indique un autre détail du frontispice où l’on voit un livre traité de mathématiques et un dessin figurant un problème de géométrie théorique fig. 3. 16Dans le rite rival des compagnons passants, celui des compagnons tailleurs de pierre étrangers, mêmes exigences bien sûr quant aux futurs membres 9 Règlement particulier des compagnons étrangers figurant dans un livret imprimé, sans date vers 18 ... Il faudra être reconnu bon ouvrier, laborieux, intelligent, de bonne vie et mœurs, justifier d’une bonne conduite de son passé, posséder les premières notions de géométrie, dessin ou coupe de pierre et en avoir au moins six mois d’études […]9 » Lire et écrire 17La plupart des compagnons tailleurs de pierre d’antan savaient généralement lire et écrire. Et ils n’étaient pas seulement des utilisateurs des ouvrages techniques qu’ils se transmettaient de génération en génération, ils étaient aussi des producteurs de livres. 10 Douliot, Cours élémentaire, théorique et pratique de construction. Voir Mathonière, ... 18Je n’évoquerai à ce titre que le remarquable exemple de Jean-Paul Douliot, dit la Pensée d’Avignon, né à Avignon en 1788 et décédé dans la même ville en 1834, au terme d’une trop brève carrière qui l’aura conduit, d’abord comme compagnon passant, des travaux du pont d’Iéna, puis, comme architecte et professeur, à l’enseignement de la coupe des pierres et de l’architecture à l’École royale gratuite de dessin de Paris. De 1825 à sa mort, la Pensée d’Avignon publiera plusieurs volumes d’un cours élémentaire, pratique et théorique de construction, comprenant un traité de coupe des pierres, un traité de charpente, un traité de géométrie et un ouvrage sur la stabilité des édifices10. 19Mais les allusions aux savoirs cultivés par les tailleurs de pierre ne s’arrêtent pas à la géométrie et à la stéréotomie. Loin de là… Les autres savoirs professionnels L’architecture 20Les atlantes qui encadrent la scène du frontispice du rôle des compagnons passants tailleurs de pierre d’Avignon de 1782 fig. 1 nous rappellent que, finalement, ce n’est pas de taille de pierre qu’il s’agit, mais bien d’architecture dans son ensemble. Ils proviennent directement du Cours d’architecture de Jacques-François Blondel, publié de 1771 à 1777. Le dessinateur du rôle, Joseph Ponge, dit la Douceur d’Avignon, l’avait manifestement sous les yeux, tant la ressemblance est grande. C’est lui qui, quelques années plus tard, construira le grand théâtre de Marseille, un projet validé par Michel-Jean Sedaine, architecte, secrétaire de l’Académie d’architecture de Paris, auteur dramatique reçu à l’Académie française en 1786 et… reçu compagnon passant tailleur de pierre vers 1740 sous le nom de la Pensée de Paris. 11 Voir Mathonière, Les avatars de maître Jacques ». Parmi les personnalités réelles ou mythi ... 21Cet intérêt pour l’architecture en général se manifeste chez les compagnons d’antan par la possession fréquente d’un exemplaire de la célèbre règle » de Vignole sur les cinq ordres d’architecture, l’auteur ayant d’ailleurs inspiré une partie des traits de maître Jacques, l’un de leurs fondateurs légendaires11. La gnomonique 22On remarque sans peine la présence d’une sphère armillaire et d’un globe céleste fig. 5. Ils font surtout allusion à la gnomonique. Cette dernière faisait partie des savoirs que cultivaient les tailleurs de pierre, puisqu’ils réalisaient les cadrans solaires dont l’aristocratie de l’époque était friande. Si c’est souvent aux ecclésiastiques qu’incombaient le calcul et le tracé des cadrans, les compagnons ne demeuraient pas en reste, ainsi qu’en atteste un petit ouvrage de 22 pages publié en 1768, L’Horologiographe universel […] pour l’usage & la facilité des Compagnons tailleurs de pierre & Maçons, qui sont sur le tour de France. On ne saurait être plus explicite ! Fig. 5. – Détail du frontispice du rôle des compagnons passants tailleurs de pierre d’Avignon en date du 1er janvier 1782. Arch. dép. Vaucluse, 1J 647/4. Cliché Jean-Michel Mathonière 23Même s’il concerne aussi l’arpentage, c’est principalement à la gnomonique que fait allusion le phare présent au milieu du frontispice il est visiblement emprunté au frontispice du plus célèbre traité de l’époque, qui connut de nombreuses éditions entre 1641 et le début du xviiie siècle, celui du Traitté d’horlogiographie de Dom Pierre de Sainte-Marie Magdeleine fig. 6. Fig. 6. – Frontispice et page de titre du Traitté d’horlogiographie de Pierre de Sainte Marie-Madeleine, 1691. Cliché Jean-Michel Mathonière L’arpentage 24Entre les globes du frontispice du rôle des compagnons passants tailleurs de pierre d’Avignon fig. 5 sont rangés plusieurs objets un cadran solaire, au demeurant du même modèle graphique que ceux de l’opuscule de 1768, puis une boussole, un rapporteur et un graphomètre à pinnules, qui sont des instruments d’arpenteur. Outre ces derniers instruments et le phare, qui illustre nettement un lieu commun qu’est le problème de la mesure de la hauteur des points inaccessibles, l’arpentage est encore évoqué par divers détails. On remarque ainsi, au-dessus de l’évocation de la stéréotomie, le dessin d’une méthode basique d’arpentage employant deux règles et la mesure de l’angle qu’elles forment. Sur la partie droite du frontispice, deux petits personnages évoluent dans un verger. L’un pousse une sorte de brouette c’est un odomètre, instrument permettant de mesurer les distances ; l’autre porte une hotte sur le dos et s’appuie sur une canne c’est un arpenteur qui plante régulièrement ses jalons afin de fixer les points de mesure. 25Plusieurs documents permettent de constater la présence de compagnons tailleurs de pierre parmi les arpenteurs aux xviiie et xixe siècles. Leur connaissance de la géométrie et de ses applications leur permettait d’exercer sans difficulté ce métier, soit à part entière, soit, au moins, pour les implantations de bâtiments. L’exemple bien documenté d’un compagnon parisien, Pierre Janson dit la Palme 1661-ca 1721, partant travailler en 1688 en Nouvelle-France comme tailleur de pierre et recevant en 1708 une commission d’arpenteur royal en ce pays, permet d’avancer l’hypothèse que les compagnons les plus instruits changeaient de profession au gré des opportunités les plus avantageuses ou, plus simplement, des possibilités du moment tantôt simples tailleurs de pierre, tantôt architectes, ingénieurs ou arpenteurs, ils savaient aussi redevenir entrepreneurs en bâtiment si nécessaire. L’art des jardins 26À côté des deux globes du frontispice, on remarque un élégant personnage dans l’encadrement d’une allée de parc, avec au fond un jet d’eau sur un bassin circulaire. L’art des jardins fait alors partie intégrante de l’architecture – il est au demeurant lié à l’arpentage – et c’est aussi dans les parcs qu’à cette époque, l’on pose les cadrans solaires fig. 7. Fig. 7. – Une planche et le frontispice du Cours d’architecture qui comprend les ordres de Vignole par Augustin-Charles d’Aviler, Paris, 1691. Clichés Jean-Michel Mathonière 27Ainsi, les savoirs professionnels cultivés par les compagnons tailleurs de pierre à la fin de l’Ancien Régime étaient la géométrie, la stéréotomie, l’architecture, la gnomonique, l’arpentage et l’art des jardins. Le savoir-être 28Il est nécessaire de citer pour mémoire le fait qu’en même temps que ces savoirs professionnels, les compagnons se transmettaient également un savoir-être, des symboles, des rites et une gestuelle rituelle. 12 L. Bastard et Mathonière, Travail et honneur…, chap. La réception des honnêtes compagnons ... 13 Mathonière, L’ancien compagnonnage germanique des tailleurs de pierre ». 29Enfin, il n’est sans doute pas inutile de préciser que même si la vision du rôle était réservée aux initiés12, les compagnons tailleurs de pierre français des xviiie et xixe siècles ne se transmettaient pas de secrets d’ordre technique. Si secret de métier il a existé auparavant, il touchait le trait », ainsi qu’en attestent, par exemple, des articles du règlement des compagnons tailleurs de pierre germaniques au xve siècle13 ou, pour rester dans le domaine français, le titre même d’un traité de Mathurin Jousse, publié en 1642, Le secret d’architecture découvrant fidèlement les traits géométriques, coupes et desrobements nécessaires dans les bastiments. Mais depuis la publication en 1567 du premier tome de l’Architecture par Philibert Delorme, le secret du trait était déjà bien éventé… Quels modes de transmission ? 14 Rôle de Bordeaux, 1778, article 1er du chap. II Les premiers dimanche de chaque mois, les Comp ... 30Après avoir défini quels étaient les savoirs en jeu, il convient de poser la question dans quel cadre et comment les compagnons se les transmettaient-ils ? Précisons qu’à cette époque n’existaient pas ces sièges compagnonniques qui, aujourd’hui, regroupent restauration, hébergement et salles de cours. Chez les compagnons du xviiie siècle, la fameuse mère » était simplement une aubergiste qui, outre des repas et un hébergement à prix préférentiel, assurait aux compagnons la location d’une pièce pour y conserver le coffre de leur société et y tenir réunion le premier dimanche de chaque mois14. Les cours de trait 31Ainsi que nous l’avons vu, le savoir professionnel par excellence était – et est toujours – le trait pour la coupe des pierres. Selon les villes, son enseignement se faisait soit chez un ancien compagnon, qui percevait de ce fait une rémunération modique, soit dans un cours de dessin gratuit à destination des ouvriers, comme il s’en est créé dès avant la Révolution et durant tout le xixe siècle. Cours chez les anciens 15 Voir Mathonière, La Tranquillité de Cau… 32Pour ce qui est des cours donnés par les anciens, voici l’émouvant témoignage que nous offre le carnet de comptes tenu par Jean-Jacques Laurès, dit la Tranquillité de Caux15, durant son tour de France entre 1838 et 1842. À la date du 5 novembre 1839, il note qu’il rentre en classe pour le trait chez le sieur Ablin dit la Vertu, compagnon passant maître maçon à Saintes » et détaille ses achats fig. 8 la première semaine, 5 chandelles et 6 feuilles de papier ; deux semaines plus tard, le dimanche 19 novembre, il ajoute 4 livres de chandelles, 14 feuilles de papier de dessin, 2 crayons et un tire-ligne, 320 livres de plâtre en pierre et enfin un peu de bois. Fig. 8. – Page du carnet de comptes du compagnon passant tailleur de pierre Jean-Jacques Laurès. Archives privées. Cliché Jean-Michel Mathonière 33Aux cours du soir, à la lumière des chandelles, s’en ajoutaient donc d’autres le dimanche après-midi, seul réel moment de loisir de la semaine pour l’ouvrier. 16 Voir Mathonière, Compagnons de la maquette au chef-d’œuvre », diaporama et communication ... 34Le plâtre en pierre est employé, une fois broyé, à réaliser des maquettes afin de vérifier les épures. Cela évoque nos actuels chefs-d’œuvre16 réalisés en pierre, mais cela n’en a aucunement la fonction. 35On aura noté la date à laquelle la Tranquillité de Caux commence à suivre ses cours de trait c’est le début de la saison durant laquelle les journées de travail raccourcissent. On occupe ainsi à s’instruire le temps gagné. Mais l’hiver est aussi la saison où les intempéries peuvent gêner le travail de la pierre. Certains compagnons occupent alors leur chômage à suivre des cours de trait. Cours du soir dans les écoles de dessin 36Pour ce qui est des cours du soir institutionnels, j’ai déjà évoqué ceux de l’École royale gratuite de dessin, créée en 1767, où enseigna Jean-Paul Douliot de 1818 à 1834. On sait par le témoignage de sa veuve toute l’attention qu’il portait aux compagnons passants, notamment avignonnais, s’efforçant de les aider aussi dans la recherche d’emploi et soulageant leurs misères de sa propre bourse. 37De tels cours de trait existaient dans d’autres grandes villes, soit dans le cadre d’écoles religieuses en faveur des ouvriers ou de sociétés philomatiques, comme ici vers la fin du xixe siècle à l’École philomatique de Bordeaux fig. 9, soit encore dans les cours du soir dispensés par les écoles des beaux-arts ou celles d’arts et métiers, dont les professeurs étaient souvent d’anciens compagnons. Fig. 9. – Cours de taille de pierre, de modelage et de sculpture à l’École philomatique de Bordeaux, fin du xixe siècle. Archives privées. Cliché Jean-Michel Mathonière 38Voici, par exemple, la description par un architecte d’un cours dispensé à titre privé par un compagnon étranger, vers 1840-1845, à Paris 17 Chez les tailleurs de pierre, qu’ils soient du rite des passants ou de celui des étrangers, le nom ... En même temps que je faisais mes études d’architecture à l’École des beaux-arts de Paris, je suivais, le soir, un cours de coupe des pierres. C’était dans un vieux quartier central, mais très laid, où, depuis, la démolition a fait son œuvre salutaire, et dans une sorte de boutique, à l’aspect un peu cabaret, servant de réunion pour les tailleurs de pierre. Cette boutique était comme le vestibule d’une grande pièce qui y faisait suite et qui était une école de trait professée par le très habile appareilleur bien connu alors sous son nom de compagnonnage, la Fleur de Coutras17, constructeur du pont de Neuilly entre autres, et que venaient souvent consulter les grands architectes. La Fleur de Coutras était bien le type de ce que j’appellerai l’ouvrier savant dans sa spécialité, simple et digne dans ses rapports aussi bien avec les architectes et les ingénieurs qu’avec ses coopérateurs, inspirant le respect et la confiance à tous. 18 Gaspard George 1822-1908, président de la Société académique d’architecture de Lyon, dans La Con ... Des modèles de toute espèce de coupes de pierres, voûtes biaises, rampantes, encorbellements, pénétrations, etc., garnissaient le pourtour de la pièce, et le maître nous faisait exécuter, en plâtre bien entendu, ces différentes œuvres. Ce n’étaient point de simples copies que nous avions à faire ; tout était fondé sur l’application exacte de la géométrie descriptive, et nous étions tout étonnés qu’en suivant ses prescriptions nos œuvres en plâtre arrivaient si nettement, je dirai presque si facilement, sans tâtonnement, sans erreur, à réaliser ces coupes, à premier abord si compliquées18. » Les cours compagnonniques 39Dans le cours du xixe siècle, les compagnons cherchèrent aussi à s’organiser entre eux. Ainsi, en 1846, les compagnons passants tailleurs de pierre de Paris montèrent-ils un cours de trait dont le règlement nous fournit de précieuses indications quant à son organisation et à l’idée qui y préside lutter contre la perte d’influence de leur société compagnonnique. 40Son préambule fait table rase de certaines visions par trop romantiques. Il précise en effet que 19 D’après un document des archives de la Chambre des compagnons passants tailleurs de pierre de Pari ... […] Comme tous les compagnons ont été jusqu’alors libres de s’instruire selon leur propre vue, ils sont tombés, les uns dans la débauche du vin et des femmes, les autres, plus studieux, se sont instruits, chose assez rare. Mais le libre exercice de ce temps si précieux peut être employé plus utilement pour l’instruction de chaque Compagnon ce qui ne peut que donner un très beau relief a notre société, et nous procurer une foule d’hommes très capables. Car depuis quelques années les sciences et les arts se propagent, l’étude est une mode acceptée par tout le monde, ce qui tend à amoindrir nos lumières, les mœurs changent. Eh bien, courons au-devant du progrès ! Oui mes chers Coteries, pour que l’illusion continue, pour que la fraternité qui unit tous les Compagnons continue son règne telle qu’elle a existé pendant des milliers d’années, il faut une étude sérieuse qui nous élève et nous fasse rechercher. Si nous le faisons, ce temps pesant et ennuyeux par l’oisiveté deviendra un passe-temps agréable. Plus de ces flâneries perpétuelles, plus de ces folles pensées qui dégradent l’esprit. Car le travail diminue les passions, augmente les vertus et prépare un ouvrier honorable19. » 41Plusieurs articles insistent sur l’enseignement mutuel que se doivent, bénévolement, les compagnons Article 3. – Pour ne pas avoir de profusion de maîtres, ce qui deviendrait trop coûteux, on démontrera le dessin et la coupe de pierre ensemble [tous niveaux confondus], mais les Compagnons les plus instruits sur la coupe de pierre devront en faire part aux autres sans prétendre aucune diminution sur le prix de la classe et que ceux qui feront la coupe de pierre payeront, comme ceux qui feront le dessin, ce qui fera une diminution sur le prix de l’école. » Article 5. – L’enseignement sera censé mutuel en l’absence du maître, c’est-à-dire que les plus avancés donneront des conseils aux moins forts, sans cependant que l’on enseigne ceux qui perdent leur temps. » 20 Ibid. Article 9. – Tout jeune Compagnon résidant à Paris sera tenu de venir à l’école pour s’instruire sauf qu’il ne soit assez fort sur les parties que l’on démontrera, auquel cas il aura le droit de s’y refuser en montrant ses dessins, ou que les Compagnons attestent de son savoir. Mais il devra se rendre utile pour l’école par ses lumières […]20 » Les défis 21 Voir C. Braquehaye, Défi des compagnons “passants” et des compagnons “étrangers” jugé par l’Acad ... 22 L. Bastard et Mathonière, Travail et honneur…,, p. 338-340. 42Ces cours trouvaient un prolongement dans les défis que se lançaient parfois les compagnons des deux rites ennemis, les passants d’un côté, les étrangers de l’autre. Si des luttes sanglantes les opposaient fréquemment autour de grands chantiers, pour avoir le monopole des embauches, il arrivait qu’ils cherchent à vider leurs querelles par le biais de défis de stéréotomie. Chaque clan possédait ses champions qui traçaient les épures et taillaient les maquettes en plâtre. Ainsi, en 1771 à Bordeaux, semblable défi oppose la Réjouissance de Tarascon et la Pensée de Sainte-Foy21. En 1784, la Douceur d’Avignon, le dessinateur du frontispice de 1782, signe en tant qu’architecte-ingénieur le règlement d’un concours devant être jugé par les membres de l’Académie d’architecture de Paris22. Il s’agit tout autant, sinon plus, d’architecture que de coupe des pierres. En 1826 encore, semblable concours se tient à Paris, se concluant par la fuite du compagnon passant, pris en flagrant délit de tricherie. L’affaire est longuement rapportée par Agricol Perdiguier dans ses Mémoires d’un compagnon. Le concours, dont le règlement avait été enregistré devant notaire, opposait deux champions désignés par leurs sociétés Bertrand Caron, dit la Fleur de Coutras cité plus haut, note 17, pour les compagnons étrangers, et un dénommé Saint-Martin pour les compagnons passants. Les deux concurrents entrèrent dans des chambres gardées par leurs rivaux le 8 août 1826, pour réaliser chacun deux modèles en plâtre, l’un selon un projet fixé par sa société compagnonnique, l’autre par la société rivale. Mais le 6 novembre 1826, un procès-verbal constate que le compagnon passant avait triché, des membres de son compagnonnage lui ayant fait passer par un trou percé dans le mur des toilettes des objets prohibés par le règlement du concours. Saint-Martin prend la fuite et la Fleur de Coutras est donc proclamé vainqueur de ce concours. Le tour de France et l’émulation 43De manière générale, la fraternité compagnonnique offrait un cadre idéal à l’émulation. Il n’était nul besoin de créer des cours spécifiques pour ces autres savoirs qu’étaient l’architecture, la gnomonique, l’art des jardins ou l’arpentage. Les jeunes compagnons côtoyaient durant leur tour des anciens » installés comme entrepreneurs, architectes ou ingénieurs, qui leur offraient tout à la fois des modèles sociaux et, le cas échéant, des enseignements dans telle ou telle spécialisation. 23 Voir Mathonière, Joseph Teulère 1741-1824 ou la quête des lumières ». 24 Voir Mathonière, Jean-Paul Douliot… ». 44On conserve des témoignages intéressants de cette émulation, telle l’incessante quête du savoir de Joseph Teulère 1750-1824, qui, orphelin de père à l’âge de dix ans, débute son parcours comme compagnon passant tailleur de pierre, suit des cours du soir à l’Académie d’architecture de Paris, obtient en 1776 un poste d’ingénieur maritime à Bordeaux, surélève le phare de Cordouan, entretient des contacts avec Gaspard Monge, devient ingénieur-constructeur de la Marine, est nommé en 1800 directeur des travaux maritimes à Rochefort et adresse alors à un négociant de son village natal, Montagnac Lot-et-Garonne, un courrier où il raconte en détail son parcours pour inciter les jeunes gens à ne cesser de s’instruire23. Ou encore l’importante production de traités théoriques et pratiques relatifs à la construction charpente, taille de pierre, stabilité des édifices, géométrie descriptive, dessin de Jean-Paul Douliot 1788-1834, dit la Pensée d’Avignon, compagnon passant tailleur de pierre, architecte et professeur d’architecture à l’École royale gratuite de dessin de Paris24. 45De manière générale, il convient de ne pas sous-estimer la transmission par le biais des livres, nombre de compagnons sachant correctement lire et écrire. L’idéal vitruvien hérité de la Renaissance 25 Le premier tome de l’architecture de Philibert de L’Orme […], fol. 51 vo. 26 Voir Mathonière, Le Serpent compatissant… 46On soulignera enfin que lors de la cérémonie de la réception dans la confrérie compagnonnique, la vision sacralisée du rôle situait la quête du savoir sur un piédestal. On retrouve là un idéal vitruvien », et chrétien, qui est clairement expliqué par Philibert de l’Orme à propos d’une gravure de son Premier tome de l’architecture25. On y voit, compas en main, un architecte sortir d’une caverne, symbolisant le lieu obscur de la méditation et des études. La devise latine proclame De mille peines et mille empêchements est retardé l’Artisan docte et sage, quand par son Art, savoir et instruments, il cherche vers la Palme le passage ». Des trois pages d’explications que l’auteur consacre à cet emblème de sa composition, je ne retiendrai que ce qui concerne la palme, figurée par le palmier c’est le but auquel doit viser l’artisan et elle signifie gloire, honneur et victoire26. Et ce but est atteint grâce au savoir. 27 Ibid. 47On retrouve l’essentiel de cette thématique vitruvienne dans le blason même des compagnons tailleurs de pierre27. Celui des compagnons passants d’Avignon, dont le plus ancien actuellement recensé date de vers 1710 fig. 10, en présente l’exemple le plus synthétique entre les palmes, compas, équerre et règle sont entrecroisés, symbolisant la géométrie, connaissance fondamentale, tandis qu’une couleuvre les entrelace étroitement, symbolisant la Prudence, au sens ancien de l’expérience acquise. Au-dessus, un phylactère porte la devise Labor – Honor », travail et honneur ». Fig. 10. – Blason des compagnons passants tailleurs de pierre d’Avignon. Détail du rôle de vers 1710. Arch. dép. Vaucluse, 1J 647/2. Cliché Jean-Michel Mathonière 48En conclusion, trois points sont à retenir. 49Si la transmission des savoirs constitue aujourd’hui l’aspect le plus remarquable des compagnonnages, ce n’est toutefois pas là leur vocation originelle, qui était la solidarité fraternelle. La naissance des sociétés de secours mutuels, puis des caisses de retraite et enfin de la sécurité sociale est peu à peu venue grignoter cette part de leur raison d’être, laissant ainsi place à l’expansion de la transmission professionnelle, qui est en quelque sorte un heureux dommage collatéral ». 50Secundo, j’espère vous avoir convaincu de l’importance qu’il y a de conjuguer au pluriel ce singulier phénomène qu’est le compagnonnage, pour ce qui concerne ses multiples manifestations dans l’histoire. Ne succombons pas à la tentation de certaines lectures anthropologiques, qui, à force de schématiser, réduisent le champ des connaissances plutôt qu’elles ne l’ouvrent. 51Enfin, nous avons entraperçu l’étendue des savoirs que les compagnons tailleurs de pierre cultivaient sous l’Ancien Régime. Ce faisant, ils s’efforçaient en quelque sorte de mettre en pratique l’injonction de Vitruve dans De Architectura, à propos des qualités que l’architecte doit posséder 28 Vitruve, De l’architecture, livre I, chap. 1 et 3. Il faut qu’il ait de la facilité pour la rédaction, de l’habileté dans le dessin, des connaissances en géométrie ; il doit avoir quelque teinture de l’optique, posséder à fond l’arithmétique, être versé dans l’histoire, s’être livré avec attention à l’étude de la philosophie, connaître la musique, n’être point étranger à la médecine, à la jurisprudence, être au courant de la science astronomique, qui nous initie aux mouvements du ciel28. » 22 Liste de planches maçonniques pour compagnons au 2ème degré voici tous les thèmes du grade. A utiliser sans modération ! Le grade de compagnon correspond au 2ème degré de la franc-maçonnerie en général, et du Rite écossais ancien et accepté en particulier REAA. Le grade de compagnon vient immédiatement après celui d’apprenti. L’ouvrier a progressé, il a le droit à la parole et est exposé à la lumière directe du soleil sur la colonne du midi. Assidu au travail, il taille la pierre cubique qui devra parfaitement s’insérer dans l’édifice. Nouveaux outils, nouvelle marche, nouveau mot de passe le compagnon entre dans un nouveau monde. Il se frotte aux savoirs et à la Connaissance, de la géométrie à la Gnose, en passant par la musique et la maîtrise des nombres. Les thèmes du grade sont donc les outils, le travail, le devoir, les arts et les sciences, la connaissance du monde, les voyages, les nombres, les grands initiés, ou encore l’étoile flamboyante. Gloire au travail ! Lire aussi Impressions d’initiation au grade de compagnon Rituel du 2ème degré REAA ouverture et fermeture des travaux L’instruction du compagnon au REAA Voici une liste de thèmes et idées de planches pour compagnons L’étoile flamboyante Les 5 pointes de l’Étoile Flamboyante La lettre G L’épi de blé Il établira » Ma pierre cubique La Gnose Les sept arts libéraux Le lien qui nous unit Les ordres d’architecture Les cinq marches du compagnon Les outils du compagnon Le maillet et le ciseau La règle et le levier Le fil à plomb et le niveau Pierre brute, cubique et cubique à pointe Le compagnon, une colonne vivante en loge De la pierre brute à la pierre cubique Les grands initiés J’ai fait un pas de côté Le cinquième pas du Compagnon Du nadir au zénith La marche du Compagnon Vivre, c’est mourir planche d’augmentation de salaire pour la maîtrise Gloire au travail » Le tablier du Compagnon Travailler en pleine lumière Les cinq voyages du compagnon Le premier voyage du compagnon Le deuxième voyage du compagnon Le troisième voyage du compagnon Le quatrième voyage du compagnon Le cinquième voyage du compagnon Les mains libres La colonne du Midi Le chiffre Cinq Le Pentagramme, image du Compagnon Schibboleth Les deux sphères Les cinq sens La géométrie La musique La science des nombres Le cinquième élément L’équerre Le monde extérieur La recherche de la vérité planche d’augmentation de salaire pour la maîtrise Pythagore Socrate Confucius L’inaccessible étoile Le Temple de la Franc-Maçonnerie s’est éclairé Guidé par l’étoile Les Mystères d’Éleusis L’apprentissage de la parole Les mots pour se dire Je suis compagnon franc-maçon Les lois morales et physiques de l’Univers Le devoir et le travail L’équilibre et le juste milieu La franc-maçonnerie, mon Frère, est une véritable religion du travail » Le travail préserve des passions lâches et mauvaises » Le salaire du Compagnon De la perpendiculaire au niveau Planches bonus Les Vers d’or de Pythagore Grandir en franc-maçonnerie Le cheminement initiatique du Compagnon Apprendre à voyager Sous le soleil La colonne du midi De midi à minuit La marche vers l’étoile Les mystères de la nature et des sciences La métap Dignes héritiers des bâtisseurs de cathédrales et dépositaires d'un savoir-faire ancestral, les tailleurs de pierre sont de véritables artistes qui savent insuffler un souffle de vie à un simple bloc rocheux. Découvrez ce métier en détail. Qu’est-ce qu’un tailleur de pierre ? Métier datant de l’antiquité qui pourrait paraître totalement désuet de prime abord, le tailleur de pierre reste pourtant une profession ouverte aux dernières évolutions technologiques tout en étant respectueuse des traditions. L’Institut national des métiers d’art INMA estime à 15 000 le nombre de personnes ayant une activité dans le domaine de la taille de la pierre. S’adressant aussi bien aux hommes qu’aux femmes, le tailleur ou la tailleuse de pierre sont de véritables artistes du bâtiment qui savent faire d’un simple bloc de pierre un élément indispensable dans une architecture. Construction proprement dite encadrement de portes et fenêtres, balcons, escaliers…, décoration d’intérieur et d’extérieur corniches, cheminées…, mobilier d’extérieur, ou activité funéraire, son champ d’intervention est vaste que la construction soit neuve ou ancienne. Le tailleur de pierre travaille sur de la matière première naturelle tel que du granit ou du marbre mais également à partir de matériaux composés comme le stuc ou le plâtre. Pour sculpter la pièce, il débute par la création des épures des dessins en taille réelle qu’il reporte le plus précisément possible sur le matériaux à tailler. Une fois la sculpture réalisée, il a en charge de la déplacer et de la positionner. Le professionnel utilise aussi bien les outils traditionnels de la taille de pierre et de la marbrerie, que des outils mécaniques, électroniques et à commandes numériques. Missions du tailleur de pierre Connaître les différents types de pierre et leurs caractéristiques pour choisir le bon matériaux Sélectionner le ou les blocs à sculpter Réaliser les croquis les épures Débiter les blocs à la taille souhaitée Analyser les plans de l'architecte du chantier Façonner la pierre pour lui donner la forme souhaitée Transporter les blocs taillés Poser les blocs et effectuer les raccords Qualités pour devenir tailleur de pierre Bonnes conditions physiques Le métier de tailleur de pierre demande une bonne condition physique. En effet, il faut pouvoir déplacer des matériaux très lourds mais également supporter le travail dehors, par tous les temps et le bruit. Travaillant dans la poussière, il est fortement déconseillé aux personnes asthmatiques. Patience et Rigueur Façonner un bloc de marbre ou de granit demande du temps et requiert une grande rigueur car la précision est importante pour éviter de devoir la refaire. De plus, il faut en permanence respecter les règles de sécurité. Bonnes connaissances en histoire Le tailleur de pierre peut intervenir sur des monuments vieux de plusieurs siècles. Il est important qu’il connaisse les règles d’architecture afin de pouvoir reproduire les modèles. Perdue dans votre vie professionnelle En moins de 2 min., découvrez comment donner un second souffle à votre carrière Faites le test Formation pour devenir tailleur de pierre Formation initiale Les formations de tailleurs de pierre sont accessibles dès la troisième avec un CAP tailleur de pierre ou un CAP marbrier du bâtiment et de la décoration, qui se prépare en 2 ans. Pour compléter ce CAP, il est possible de faire une MC mention complémentaire graveur sur pierre ou MC restauration du patrimoine. Il est également possible de passer un bac professionnel artisanat et métiers d'art option arts de la pierre ou un Bac Pro intervention sur le patrimoine bâti en 2 ans après le CAP, ou en 3 ans après la 3ème. Le brevet professionnel BP tailleur de pierre des monuments historiques ou le BP métiers de la pierre niveau bac sont également accessibles. L’accès se fait aussi au niveau Bac+2, après avoir validé un diplôme de niveau IV bac et deux années d'expérience à temps plein ou temps partiel ou avoir validé une expérience d'au moins 5 ans dans un emploi en rapport avec la finalité du diplôme, à savoir un BTMS brevet technique de métier supérieur tailleur de pierre. Enfin, au niveau Bac+3, on trouve la Licence Professionnelle des métiers de la pierre, les Compagnons du Devoirs / CNAM. L'ensemble de ces formations peut faire l'objet d'un apprentissage ou d'une alternance en contrat de professionnalisation. Formation continue Afin de favoriser l’évolution professionnelle des personnes en activité dans ce secteur, les professionnels peuvent se former pour préparer le brevet technique des métiers sup Pour ceux qui souhaitent se réorienter vers le métier de tailleur de pierre, le titre professionnel TP tailleur de pierre, le CAP tailleur de pierre ou le CAP marbrier du bâtiment et de la décoration sont accessibles via la formation continue. Salaire d’un tailleur de pierre Un tailleur de pierre débutant est en général embauché au SMIC mais avec l’expérience et des qualifications, il pourra gagner jusqu'à 2 100 euros brut par mois. Les revenus sont plus hétérogènes lorsqu'il est indépendant. Un chef d’entreprise peut gagner jusqu’à 4 500 €. Où travailler en tant que tailleur de pierre ? Le professionnel des métiers de la pierre travaille principalement en atelier mais il doit se déplacer sur les chantiers pour effectuer des relevés et installer ses ouvrages. Les tailleurs de pierre sont recrutés en priorité par des entreprises du bâtiment ou des travaux publics mais il peut aussi être recruté au sein d'entreprises spécialisées dans la restauration de monuments historiques, ou chez un marbrier funéraire. Évolutions du métier de tailleur de pierre Le secteur de la taille de pierre étant constamment en recherche de main-d'oeuvre qualifiée, les tailleurs de pierre débutants n'ont pas de difficulté à trouver un emploi rapidement que ce soit dans une entreprise ou dans un programme de restaurations des Monuments Historiques. Après quelques années d’expérience, le tailleur de pierre peut accéder à des fonctions de chef d'équipe, contremaître, chef de chantier ou conducteur de travaux. L'autre solution est de devenir tailleur de pierre indépendant. Situation du métier de tailleur de pierre Bien que la taille de la pierre entre directement en concurrence avec les réalisations en béton ou en acier, le secteur continue de recruter des tailleurs de pierre qualifiés, notamment pour des travaux de restauration ou de la création de mobilier de décoration. Ces métiers manuels étant peu valorisés, ils attirent peu les nouveaux candidats. Si bien que dès leur entrée sur le marché du travail, les tailleurs de pierre trouvent rapidement un recruteur. Travailler à l’étranger ou y exporter sa production peut également être une bonne solution à envisager car certains pays n'ont presque plus de tailleurs de pierre. Culture Koba21/10/2021 à 22h40 Elsa Berthelot, 24 ans, est tailleuse de pierre. Après sept ans de formation chez les Compagnons du Devoir, elle achève son chef-d’œuvre une magnifique vasque. DRDAdrda_officiel, ce mercredi soir à Disponible sur ▶️ — France 3 France3tv October 20, 2021 Jean-Louis Murat sa déclaration d’amour à Michel Onfray et Éric Zemmour Bobigny 93 “ses victimes sont toujours des femmes”, énième condamnation pour Hamady K. Vous pouvez aussi aimer CultureSociété A Ménerval, l’une des plus grandes églises du Pays de Bray menace de s’effondrer Ménerval Seine-Maritime, 173 hab, un petit village situé entre Forges les Eaux et Gournay en Bray, possède l’une des églises les plus remarquables du pays de Bray. 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